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Bonjour à tous,

 

Cette fois-ci je vais vous présenter le sculpteur français d'origine russe Ossip Zadkine (1888-1967).

 

Ossip Zadkine

 

"La sculpture n'est pas une marche vers un Temple sacré gardé par des Cerbères, mais une belle aventure, une promenade à bicyclette avec haltes en sous-bois et sur les bords des rivières".  Ossip Zadkine à ses élèves de la Grande Chaumière.

 

Ossip Zadkine naît en 1888 à Vitebsk en Biélorussie, (1890 est la date de naissance qui apparaît le plus souvent, mais des documents officiels attestent bien de sa naissance en 1888). Très tôt s'impose à lui la nécessité de "dessiner tout et à tout moment".  l'âge de douze ans, la découverte d'un pain de terre glaise dans le jardin éveille sa passion du modelage. Familiarisé dès sa plus tendre enfance avec les arbres, les forêts, et un contact direct avec la nature, son oeuvre en sera profondément marquée.

Installé en Angleterre de 1907 à 1909, Ossip Zadkine commence à étudier la sculpture classique. Arrivé à Paris en 1910, il étudie ensuite à l'école des Beaux-arts de Paris et commence à exposer des sculptures et des dessins l'année suivante.

 

La Sainte Famille, Ossip Zadkine, 1912-1913, mortier de plâtre et pigments

 

Le primitivisme des sculptures de Zadkine est évident à cette époque, les yeux en amande de ses personnages en sont une des caractéristiques. De nombreux artistes réalisent des oeuvres issues de ce courant, inspiré par la découverte des sculptures africaines ou océaniennes, Gauguin, Picasso, Brancusi, Matisse, etc.

 

Le Prophète, Ossip Zadkine, 1914, Bois de chêne

 

Pendant la première guerre mondiale, Zadkine s'engage dans le conflit. Il est dans l'Ambulance Russe, gazé en novembre 1916, il est hospitalisé. Il réalise une série de dessins sur les casernes, les soldats et les hôpitaux. Il dira être sorti de cette expérience "détruit physiquement et psychologiquement".

En 1920 il épouse la jeune artiste peintre Valentine Prax.

Parmi ses créations à cette époque les oiseaux sont un thème récurrent dans la statuaire de Zadkine :

 

L'Oiseau d'or, Ossip Zadkine, 1924, plâtre peint et doré à la feuille

 

En 1928, le couple Zadkine s'installe dans la maison-atelier rue d'Assas à Paris. Et à partir de 1934, le couple partagera son temps entre ce lieu et leur maison-atelier des Arques dans le Lot, qui est un autre musée Zadkine aujourd'hui. De nombreuses sculptures y seront créées. Le sculpteur expose dans les années qui suivent à Londres, Venise, New York.

 

Torse d'hermaphrodite, Ossip Zadkine, 1925-1931, bois d'acacia laqué

 

Le thème de la musique est cher à Zadkine, il représenta pléthore de musiciens : violonistes, violoncellistes, guitaristes, accordéonistes, on peut le voir photographié par Marc Vaux, travaillant à son oeuvre monumentale en bois d'orme, intitulée Orphée :

 

Zadkine sculptant dans son atelier de la Ruche, Montparnasse, vers 1930

 

Zadkine modèle la terre, mais sculpte surtout le bois, la pierre, ou le marbre. La taille directe et notamment du bois répondait à l'impulsivité de son élan créateur.

 

Tête de femme, Ossip Zadkine, 1931, pierre de lave.

 

 

Femme à la colombe, Ossip Zadkine, 1936, terra cotta

 

Pendant la seconde guerre mondiale, Zadkine est contraint de s'exiler aux Etats-Unis. Il embarque depuis le Portugal en 1941 à bord du dernier navire quittant l'Europe vers l'Amérique. Pendant son exil aux Etats-Unis, Zadkine se voit confier un poste de professeur dans une école d'art renommée, The Art Students League créée en 1875, qui a formé de nombreux artistes.

De ces quatre années d'exil aux états-unis Zadkine dira : "Ma vie en Amérique s'est écoulée dans une espèce de tarissement de mon imagination".  Zadkine a pourtant créé quelques oeuvres dont la sculpture poignante intitulée le Poète :

 

Le Poète, Ossip Zadkine, 1942, marbre de Virginie

 

Zadkine n'était pas seulement sculpteur. La dimension graphique de cet artiste prolifique, souvent moins connue que son oeuvre sculpté, s'est déployée à travers le dessin, l'aquarelle, la gouache, l'encre, l'estampe et l'illustration de nombreux livres et recueils de poésies.

En 1948, Zadkine ouvre une école d'art, rue Notre-Dame-des-Champs tout près de sa maison-atelier rue d'Assas, The Ossip Studio of modern Sculpture and Drawing.

De 1946 à 1958, Zadkine dirige également la classe de sculpture de l'Académie de la Grande Chaumière et son cours connaît un grand succès. "Ma classe (...) est un carrefour de la jeunesse internationale qui cherche le monde nouveau des formes". écrit-il à son ami André de Ridder.

Dans certaines oeuvres, Zadkine exprime la fusion entre l'humain et le végétal comme dans ce bronze :

 

Les Mains végétales, Ossip Zadkine, 1957-58, bronze

 

Je connaissais certaines sculptures de Zadkine, à travers les livres ou les recherches faites sur l'art notamment, mais n'étant pas passionnée par le cubisme, je dois avouer que je ne m'étais pas spécialement intéressée à cet artiste. En 2018, à l'occasion de la belle exposition "L'instinct de la matière", j'ai eu la chance de visiter le merveilleux musée Zadkine rue d'Assas à Paris. Mes yeux se sont ouverts sur la diversité et la richesse de son travail. Je me suis alors penchée sur son oeuvre et sur sa vie.

Puis, en janvier dernier, je suis retournée au musée Zadkine et cette fois c'est la magnifique exposition "Le Rêveur de la forêt" qui avait lieu. Cela a davantage affiné ma perception de l'oeuvre de Zadkine. Ce sont ses bois qui me touchent plus que tout. Une chaleur, une vie, une vibration toute particulière se dégagent de ses sculptures en bois, et peut-être est-ce davantage perceptible dans le lieu même où Zadkine a vécu et créé. Certaines de ses oeuvres aux dimensions imposantes, verticales, dressées, et comme nous questionnant sur notre propre présence au monde m'interpellent. Et surtout la lumière... une lumière âpre, douce et protectrice à la fois, émanant des bois de Zadkine. Peut-être est-ce celle de la forêt, celle qu'il percevait enfant, durant les longues heures passées dans les bois de sa Russie natale ?

Voici une courte présentation de l'exposition "L'instinct de la matière":     

https://www.youtube.com/watch?v=GncmHI4iIL8

   

 

Ossip Zadkine par Yusuf Karsh, 1965

 

 

 

Sources:

 

Revue Vie des Arts, Ossip Zadkine par Julien Hébert, Numéro 6, 1957

www.zadkine.paris.fr , site officiel du musée zadkine

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